La VAE à l'Université
 
VALIDATION TOTALE D'UNE LICENCE PROFESSIONNELLE DE "CHARGE D'AFFAIRES EN GENIE CLIMATIQUE"

Christian, 47 ans, fêtera prochainement ses vingt années de carrière dans un bureau d'études techniques installé à Clermont-Ferrand. Son bilan est positif, mais il le serait peut-être moins s'il n'avait obtenu, tout récemment et grâce à la VAE, une licence professionnelle de "chargé d'affaires en génie climatique". "Je suis satisfait, même si, honnêtement, ça ne change pas grand-chose dans ma vie. Il s'agit d'un besoin de reconnaissance personnelle, parce que si je perdais mon emploi, à mon âge, ce serait rédhibitoire..."

Titulaire en 1976 d'un bac F9 "installation technique du bâtiment", Christian avait poursuivi cette voie en BTS, avec une option "sanitaire-plomberie", mais sans obtenir son diplôme. Après une période de "petits boulots" dans sa région d'origine, les Pyrénées Atlantiques, il rejoint des collègues d'études dans la région clermontoise et décroche un job intérimaire de dessinateur industriel dans un bureau d'études travaillant pour Michelin.

En 1981, la multinationale arrête de nombreux programmes et c'est le chômage. Un autre bureau d'études le recrute quelques mois plus tard en emploi-formation puis en emploi-qualification, mais le licencie au bout de deux ans faute de marchés. L'une de ses candidatures spontanées aboutit alors : Christian entre dans un bureau d'études techniques de Clermont-Ferrand. Il complète progressivement sa formation "sur le tas", obtient un statut de cadre et fait même des interventions à l'IUT de Montluçon. C'est là qu'il apprendra l'existence de la VAE. "Je me suis rendu compte que je dirigeais des gens plus diplômés que moi et que, dans l'hypothèse où le bureau d'études serait racheté, j'aurais du mal à défendre mon statut.

Christian vise alors, en accord avec les services VAE, une licence professionnelle en validation totale dans la spécialité la plus proche de son expérience. Une fois les premières étapes franchies, il prépare des dossiers sur trois de "ses" chantiers, représentatifs en termes de génie climatique (Vulcania, l'IFMA et la sous-préfecture de Raincy), qui sont analysés par des professionnels. Le passage final devant le jury manque de tourner court : le même jour, on le charge d'une mission...en Grèce. En effet, discret comme beaucoup de gros travailleurs, Christian s'était lancé dans la VAE sans en parler autour de lui...

Aujourd'hui titulaire de sa licence professionnelle, il tient à remercier Monsieur C. qui a "toujours su déléguer et faire confiance à ses collaborateurs", et qui a donc chargé un collègue de le remplacer. Un jury sans candidat, voilà qui aurait été inédit !

VALIDER SON EXPERIENCE POUR ENTRER EN LICENCE LITTERAIRE

Il est des hommes qui ne vivent pas que d'une passion. C'est le cas de Christian T.: employé fidèle de la Banque de France depuis 1972, sa vie rime aussi avec la littérature, la musique, le sport et les voyages... Et sans dilettantisme, puisque, en résumé, il a publié plusieurs recueils de poésie, créé un groupe de rock, obtenu le grade d'arbitre régional de rugby et fait le tour du monde !

Mais à bientôt 57 ans, ce Clermontois d'origine ressentait encore un manque, celui de bases théoriques en littérature, pour cultiver son "virus de l'écriture", son "engagement pour la langue française". Sa formation étant insuffisante pour accéder à l'université, il décide donc de profiter des possiblités offertes par l'association de gestion des congés individuels de formation (AGECIF), qui aide au finacement de projets personnels, sans lien avec le métier pratiqué.

Christian T. s'adresse à l'Université Blaise Pascal, effectue des démarches auprès du service VAE, et monte un dossier de validation des acquis de l'expérience personnelle. Après une recontre avec les professeurs concernés, il est accepté en 1ère année de DEUG de lettres modernes. Il ne pourra démarrer qu'un an plus tard, la Banque de France ayant usé de son "droit de report" pour décaler son congé de formation - à cause du passage à l'euro. "Je n'étais pas intéressé par le diplôme lui-même, mais par les cours. Dans l'ensemble, ça m'a plu, avec un bémol sur l'ancien français. J'étais là pour le plaisir, sans être accroché au résultat, mais sérieusement. Et j'ai donc pu étudier Boileau, Du Bellay, le roman du XXème siècle, la poésie du XXème, la nouvelle avec George Sand, la littérature comparée..."

La seconde année de lettres de Christian T. s'achève bientôt, et il pense à entrer en licence : "D'ici là, je serai sans doute en préretraite et je n'aurai plus de problème d'autorisation." Alors, comme il le dit dans son dossier de motivation, il pourra aussi "continuer à animer des ateliers d'écriture ou à intervenir dans les écoles, pour faire passer le courant poétique aux enfants." Pas de doute, la littérature a trouvé un solide défenseur !

UNE VALIDATION PARTIELLE POUR ACCEDER A UNE LICENCE STAPS

Déjà titulaire de l'équivalent d'une maîtrise STAPS dans son pays d'origine, la Roumanie, Christian Ta. est arrivé en France au début des années 90, sollicité par des clubs sportifs intéressés par son expérience au Centre national de préparation olympique de Deva, près de Bucarest. Spécialiste en gymnastique depuis son choix d'option au niveau licence - tradition roumaine oblige - , il est embauché comme conseiller technique par l'Union sportive de Chamalières en 1993. La personnalité de Madame Ta., quadruple championne olympique de gymnastique à Los Angelès , n'y est sans doute pas pour rien. Mais, en 1999, coup de théâtre, Christian Ta. est licencié.

Aussitôt "récupéré" par l'ASM, notre entraîneur va connaître de nouveaux déboires quand le club montferrandais change de stratégie sportive et choisit de se séparer de lui... Résultat : Christian Ta. a le bec dans l'eau, avec 2 enfants à charge et un réseau de relations encore bien limité...

Début 2002, il entend parler de la VAE et prend rendez-vous à l'Université Blaise Pascal. La comptabilité de son expérience professionnelle avec la licence STAPS mention "entraînement sportif" est rapidement mise en évidence. - en attendant une future harmonisation européenne. On l'accepte dans ce cursus à la rentrée 2002, moyennant une dispense sur certains modules. "Ce n'était pas évident de retourner sur les bancs de l'école plus de 10 ans après avoir passé mon premier diplôme de prof, et la barrière de la langue ne me facilitait pas la tâche", raconte Christian Ta. Pourtant, soutenu par ses condisciples - qu'il remercie vivement - il finit par se résoudre à faire plus de théorique que d'applicatif et décroche son diplôme en juillet 2003. "Je suis content d'avoir réussi dans ce contexte, et j'ai bénéficié de nouveaux acquis par rapport à ma formation en Roumanie, par exemple en informatique et en statistiques. D'autre part, ce diplôme m'ouvre des portes, soit pour des postes de maître auxiliaire, soit pour passer des concours dans la fonction publique.

Pour le moment, Christian Ta. effectue un "bilan de compétences approfondi" avec l'INFREP. Avec une volonté, continuer à travailler dans l'encadrement sportif avec des jeunes, mais en étant moins axé sur la recherche de performances.

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